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Souveraineté alimentaire

Le défi

Tandis que la production alimentaire mondiale suffirait à nourrir l’ensemble de la population mondiale, plus de 800 millions de personnes souffrent encore de faim chronique.

La principale cause de ce paradoxe ? La pauvreté, particulièrement en zones rurales. Les petits producteurs, soumis par la libéralisation du commerce agricole à une compétition inégale avec les géants de l’agrobusiness, en sont les premières victimes : huit personnes sur dix qui souffrent de la faim dans le monde sont des agriculteurs, des paysans sans terre ou des pêcheurs, incapables de vivre de leur production et poussés dans la pauvreté et la malnutrition.

A cette concurrence néfaste s’ajoutent l’instabilité des prix exacerbée par la spéculation sur les matières premières agricoles, ainsi que par les accaparements de terres et la production d’agro-carburants. Outre ces conséquences sociales, l’agriculture industrielle, qui utilise beaucoup d’intrants et de ressources, a un prix élevé pour l’environnement : appauvrissement des sols, déforestation, pollution de l’air, problèmes d’accès à l’eau et dégradation de la biodiversité.

Enfin, la « malbouffe » est l’autre face de la malnutrition : il y a désormais plus de personnes qui souffrent d’obésité que de personnes victimes de malnutrition dans le monde.


815 millions de personnes souffrent de faim chronique.

1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, ce qui représente de quoi nourrir plus de la moitié de l’humanité.

L’alternative

Un autre système alimentaire est possible. Imaginé dans les années 1990, le concept de souveraineté alimentaire invite à repenser le système actuel, afin de construire un système juste et durable, garantissant un prix suffisamment rémunérateur pour le producteur et accessible pour le consommateur, dans le respect de l’environnement.

En soutenant les millions de paysans qui s’appuient sur un modèle en circuit-court, adapté aux cycles de l’environnement, l’éradication de la faim dans le monde est réalisable. Pour atteindre en 2030 le deuxième Objectif de développement durable visé par les Nations Unies pour éradiquer la faim, il est indispensable de renforcer le rôle des organisations paysannes, de soutenir l’agriculture familiale et de promouvoir l’agro-écologie, qui fait appel aux savoirs locaux pour garantir une meilleure utilisation des sols, réduire la dépendance envers les engrais chimiques et préserver la biodiversité.


12 millions d’exploitations dans le monde ont pu accroître leurs récoltes de 79% grâce aux techniques agro-écologiques.

1 à 2 % du PIB investi dans l’économie verte, suffirait à garantir la viabilité et la croissance du système agricole.

Ce que nous faisons

  1. Sensibiliser

    Le CNCD-11.11.11 et ses ONG membres proposent outils et animations pour aborder la souveraineté alimentaire auprès d’un large éventail de publics, de 7 à plus de 77 ans, dont la mallette pédagogique sur le droit à l’alimentation et le film Je mange donc je suis.

  2. Interpeller

    Pour promouvoir la souveraineté alimentaire, le CNCD-11.11.11 et ses ONG membres mobilisent les citoyens et interpellent les responsables politiques, notamment au travers de la Coalition contre la faim ou en coproduisant des études comme sur le mythe de l’huile de palme durable.

  3. Financer

    A travers l’Opération 11.11.11, des dizaines de projets permettent aux paysans du Sud de s’organiser dans la durée pour améliorer leurs conditions de production et revendiquer leurs droits.

Des avancées

  • La campagne de SOS FAIM contre la spéculation alimentaire a encouragé les banques belges à agie. Ainsi, Belfius a abandonné ses produits spéculatifs sur les matières premières agricoles . A présent, les ONG aimeraient obtenir une régulation publique de ces pratiques.
  • Le travail de la société civile, dont l’organisation FIAN, a permis d’axer le premier Code Wallon de l’Agriculture sur la souveraineté alimentaire et l’agriculture familiale durable.
  • Le plaidoyer des organisations paysannes, soutenues par les ONG membres du CNCD-11.11.11, a permis de nombreux progrès au niveau de la souveraineté alimentaire, comme au Mali, au Sénégal ou encore au Pérou, où une loi garantissant l’agriculture familiale a été votée en 2015.
  • La campagne des ONG pour la limitation de la production d’agro-carburants a permis une prise de conscience politique. Ainsi, en 2013, la Commission européenne a refusé de prolonger le système belge de promotion des agrocarburants. Toutefois, les dernières évolutions sur le dossier marquent un recul, suite aux pressions des lobbies agro-industriels.

Pour aller + loin

Ressources



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