×

Aide publique au développement

L’aide belge doit augmenter pour répondre aux défis posés par la COVID-19

Communiqué de presse

13 avril 2021

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publie aujourd’hui les chiffres de l’aide au développement pour l’année 2020. Le CNCD-11.11.11 salue la légère augmentation de l’aide belge à 0,47% du RNB, mais demande au gouvernement d’adopter une trajectoire de croissance menant au plus vite à l’objectif international de 0,7%.

Premier constat : l’aide internationale a augmenté, passant de 0,30% à 0,32% du revenu national brut (RNB) des pays donateurs. Les six pays les plus généreux sont le Danemark, l’Allemagne, le Luxembourg, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni, qui ont mobilisé au moins 0,7% du RNB pour l’aide au développement coopération au développement
aide publique au développement
aide au développement
, et ainsi respecté l’objectif des Nations Unies.

Nuance tout de même : cette augmentation de l’aide internationale en pourcentage du RNB est due en grande partie à la diminution du RNB lui-même, suite à la récession provoquée par la pandémie de Covid-19 Covid-19
Coronavirus
covid-19
coronavirus
. En réalité, les volumes de l’aide ont augmenté beaucoup plus modestement, passant de 151 à 157 milliards USD, soit une augmentation de 3,5%.
En outre, l’aide octroyée aux pays à faible revenu a baissé de 3,5% et ne représente que 25 milliards de dollars en 2020.

Quid de la Belgique ? Après plusieurs années successives de baisse, elle peut être félicitée de voir son aide augmenter, tant en volume qu’en pourcentage du RNB. L’aide belge passe ainsi de 0,41% à 0,47% du RNB, du fait là encore d’une forte diminution de ce dernier. Néanmoins, la Belgique reste sous la moyenne européenne (qui atteint les 0,50% du RNB) et est toujours loin de l’objectif international de 0,7%. En outre, en volume, l’aide belge n’a augmenté que de 2,8% pour atteindre les 2,3 milliards USD : une augmentation très faible face aux besoins titanesques survenus dans les pays partenaires à la suite de la crise de la COVID-19.

Le constat final est donc très simple : malgré une augmentation en partie superficielle de l’aide internationale et belge, les moyens supplémentaires pour lutter contre les conséquences de la COVID-19 restent dramatiquement insuffisants. Selon l’OCDE, l’aide au développement ne correspondait qu’à 1% des dépenses mobilisées par les gouvernements à travers le monde dans la lutte contre la COVID-19. Or, d’après la Banque mondiale, sans action urgente, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté serait supérieur en 2030 à celui enregistré avant la pandémie. Un recul qui menace directement l’accomplissement des Objectifs de développement durable adoptés en 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Selon le FMI, les pays en développement auront besoin de 200 milliards de dollars supplémentaires, rien que pour la reconstruction post-Covid, d’ici à 2025.

Selon Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie , Secrétaire général du CNCD-11.11.11, « une augmentation de l’aide au développement, utilisée de manière efficace, est une partie indispensable de la solution. La Belgique doit adopter une trajectoire contraignante de croissance pour que l’aide belge atteigne les 0,7% en 2030 au plus tard, comme cela est prévu dans l’accord de coalition Vivaldi. Pour cela, les discussions actuelles au sein du gouvernement sur le futur budget sont une occasion à ne pas manquer. »